Déclaration de la FSU02 au CTPD de l’Aisne
samedi 4 septembre 2010 par SNES02
Déclaration de la F.S.U. au CTPD du 3 Septembre 2010
Face à la crise que traversent nos sociétés, aucune solution démocratique ne peut se concevoir sans une véritable priorité à l’éducation. La rentrée 2010 et le projet de rentrée 2011 confirment les choix dogmatiques des années précédentes : ce sont 32000 postes supplémentaires qui seront supprimés entre 2010 et 2011. L’équation est difficile à résoudre : répondre aux exigences ministérielles et permettre des conditions d’apprentissage qui demeurent acceptables pour nos jeunes axonais. Inutile de vous préciser que pour la FSU cette équation est insoluble. Le contexte social et économique dans l’Aisne s’est fortement dégradé, les résultats scolaires sont très en dessous des moyennes nationales. Les statistiques de la JAPD (journée d’appel et de préparation à la défense) montrent que notre académie est à la pointe de l’illettrisme en France, précédée de la seule Guyane. A cette situation inquiétante, le ministère répond par des exigences purement comptables et vous explique comment récupérer des postes. Après la baisse de scolarisation des moins de trois ans, la disparition d’un tiers des postes RASED puis la diminution des moyens de remplacement, la nouvelle variable d’ajustement reste l’augmentation des effectifs par classe. La FSU ne peut l’accepter. Par votre biais, l’Etat renonce-t-il à former les citoyens libres et éclairés dont nous avons besoin ? Madame l’Inspectrice d’Académie, la FSU demande que :
- Aucune classe hors éducation prioritaire n’excède 25 élèves.
- Aucune classe en éducation prioritaire, n’excède 20 élèves.
- La scolarisation des enfants de moins de trois ans soit prise en compte dans les effectifs de toutes les écoles et pas seulement en zone d’éducation prioritaire ou en zone rurale revitalisée.
- Les RASED soient développés car ils sont, pour la FSU, un levier essentiel pour lutter contre les difficultés des enfants.
Le 27 août dernier, M. Chatel, Ministre de l’Education Nationale déclarait : « L’éducation doit sortir du ‘toujours plus’ pour entrer dans le ‘toujours mieux.’ » Pour l’instant, nous recevons toujours moins. Dès lors, l’état voudrait-il faire porter insidieusement la responsabilité de l’échec scolaire aux enseignants ? Dans les collèges, pour la seconde année consécutive, la hausse des effectifs s’accompagne de la baisse de la DHG départementale (+ 328 élèves et – 317h, l’équivalent de 12 postes). Seuls 6 établissements reçoivent des moyens supplémentaires mais cela ne comble pas, et de loin, les besoins. Le poids des HSA multiplie les compléments de service dans des établissements parfois bien éloignés. Les nouvelles tâches non rétribuées s’accumulent. Le président de la république multiplie les discours sur la sécurité, y compris dans l’éducation, et assortit ses propos de « solutions » qui tiennent avant tout de l’affichage et de la communication : expérimentations à tout-va et éclatement du cadre national. Pour chaque problème, on crée une nouvelle structure : ERS pour les élèves perturbateurs, CLAIR pour sortir de la violence, internats d’excellence pour les élèves méritants. La dérèglementation est de mise, au niveau des contenus, des conditions d’enseignement, des personnels. Le statut du fonctionnaire vole en éclat au profit d’une mise en concurrence contre-productive et pathogène. Les missions d’enseignements s’en trouvent dénaturées et le caractère national de l’Education est bafoué. Dans notre département, le programme CLAIR sera conduit au collège Charlemagne de Laon. L’expérimentation "cours le matin, sport l’après midi" dont le collège de Sissonne est porteur, prête à sourire : on a beaucoup élagué chez les professeurs d’EPS (2 départs en retraite sur 3 non remplacés). Comment croire alors à une meilleure prise en compte de cet enseignement par le gouvernement ? La FSU rappelle que seuls un encadrement par des enseignants formés, une augmentation du volume horaire d’EPS pour tous, un développement de l’association sportive, peuvent améliorer les pratiques et les habitudes des élèves. Que dire, enfin, de l’accueil réservé aux jeunes lauréats au concours !? Temps de travail triplé ! Mascarade de formation en partie non rémunérée ! Monsieur Chatel affirmait mardi dernier : « La meilleure formation est celle qui s’obtient sur le tas. » Quel mépris pour notre métier, pour les personnels qui l’exercent et pour les élèves qui nous sont confiés !!! La FSU persiste à clamer haut et fort que, pour réduire les inégalités, un autre budget est indispensable. La FSU défend une autre conception de l’éducation.
