SNES Aisne

Déclaration préalable de la FSU au CTPD du 28/01/11

vendredi 28 janvier 2011 par SNES02

Pour la première fois depuis de nombreuses années, le département de l’Aisne ne subit aucune fermeture de poste. Nous aurions pu, un bref instant, croire au miracle. Pourtant, si l’arrivée au collège de 660 élèves est une excellente nouvelle, hélas !

Ce sont 660 élèves que nous devrons accueillir, soit l’équivalent de deux collèges, sans moyens ni personnels supplémentaires !

Dans ces conditions, les voyants restent tous au rouge vif :

  • les taux d’encadrement du département s’effondrent et ce sont 44 établissements sur 57 qui en font les frais, soit 77% des collèges de l’Aisne qui voient leur H/E (heure/élève) diminuer.
  • les effectifs augmentent de façon pléthorique et ce sont 47 établissements qui connaissent une hausse de fréquentation. Pour 16 d’entre-eux, la hausse des effectifs est associée de façon assez inexplicable à une chute, parfois importante, de la dotation. Nous en voulons pour exemple les collèges suivants :
Bohain, -30,5H pour +10 élèves
Tergnier -35H pour + 36 élèves
Ribemont -42H pour +7 élèves

Du reste, ce dernier établissement présente désormais le taux d’encadrement le plus faible du département : 1,068 !

  • L’éducation prioritaire n’est pas épargnée :

Les établissements qui relèvent de l’éducation prioritaire (CLAIR, RAR, RRS) sont également touchés de plein fouet, puisque ce sont deux tiers des établissements concernés dans l’Aisne qui voient leur taux d’encadrement diminuer, parfois fortement ! Les collèges de Guise, de Fère en Tardenois et de Jean Moulin, St Quentin, perdent plus d’un dixième de H/E ! Quel est l’avenir désormais réservé à l’éducation prioritaire dans notre département ? Nous sommes très inquiets. Sans accompagnement particulier, la dilution des élèves qui relevaient de l’éducation prioritaire dans d’autres établissements, comme on peut l’observer sur le St Quentinois, ne saurait être une solution à la hauteur des besoins de ces élèves. Quid de l’enseignement adapté qui perdrait 5 classes à la rentrée prochaine ?

A l’heure où l’on s’interroge dans le département sur la souffrance au travail, il n’est pas nécessaire d’aller en chercher très loin les sources. Les conditions de travail faites aux collègues à la rentrée prochaine continuent de se dégrader. Elles sont inacceptables :

  • forte augmentation des effectifs par classe (en conformité avec les recommandations du ministère)
  • poids des heures supplémentaires imposées et donc des postes partagés
  • augmentation du nombre de mesures de carte qui ne pourront que découler d’une telle enveloppe.

Tous ces freins empêchent l’investissement des collègues qui passent leur temps sur les routes, voient les réunions se multiplier au gré du nombre d’établissements fréquentés et sentent la fatigue s’accumuler, le découragement s’installer. Tous ces freins constituent un obstacle au travail pédagogique que nos collègues souhaitent mener auprès de leurs élèves. A ce stade, c’est une reconnaissance claire et concrète de la pénibilité pour tous, et non pas du mérite de certains, chargés de faire passer la pilule amère, qu’il faudrait instaurer !

Au-delà de la pression démographique, les collègues devront supporter 2285 heures supplémentaires année (HSA). Or, si on transformait ne serait-ce que la moitié de ces HSA en heures postes, cela permettrait de créer plus de 63 postes. Ce sont autant de personnels qui ne seront pas recrutés au service des élèves.

Que dire de toutes ces heures de section européenne, de section sportive, qu’on impose en HSA ? Que dire encore des moyens dérisoires censés « accompagner » la contractualisation des établissements ? La mise en concurrence des établissements s’impose, à faible coût, dans le paysage éducatif du département, accompagnée d’une obligation de résultats sans obligation de moyens. Par ailleurs, nous pouvons nous interroger sur la transparence des critères qui président à l’octroi de ces quelques heures supplémentaires. Quant au dispositif « cours le matin et sport l’après-midi », qu’on a présenté à grand renfort de caméras, il n’existe guère que pour occuper l’espace médiatique. Ce dispositif, appelé à disparaître rapidement faute d’installations sportives suffisantes ne saurait remplacer, pour les élèves, des heures d’EPS en nombre suffisant, dispensées par un professionnel qualifié pour enseigner l’Education Physique et Sportive.

Il est, en effet, urgent d’affirmer que le métier d’enseignant exige une formation initiale solide ainsi que de fortes qualifications professionnelles qui ne peuvent s’improviser. Or, si l’on en croit les déclarations de Monsieur le Recteur, non seulement la formation largement insuffisante des lauréats aux concours perdurera à la rentrée 2011, mais nos futurs collègues devront aussi assumer un temps complet devant élèves dès leur premier jour d’exercice. Comment ne pas voir, face à cette entrée dans le métier, la négation de nos qualifications et de notre identité professionnelle ? Les conditions dans lesquelles se prépare la rentrée prochaine sont en rupture complète avec les besoins réels de notre département. Mais cette dotation départementale n’est que la traduction pour l’Aisne du dogme du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

L’ampleur des suppressions de postes et les transformations radicales à l’œuvre dans notre système éducatif instaurent une école de plus en plus ségrégative et ne permettent pas d’assurer la réussite de tous les élèves. Tant que prévaudront des échéances économiques immédiates au détriment de toute perspective à long terme et de toute ambition, la situation du Service public et laïque d’éducation ne cessera de se dégrader. Or comme l’a rappelé fortement le collectif rassemblant les organisations syndicales, la FCPE et les mouvements associatifs et pédagogiques lors de la journée du 22 janvier, « l’Education est notre avenir » ! Faire fi de cette évidence, c’est porter une lourde responsabilité pour l’avenir de notre pays.


Documents joints

Déclaration de la FSU au CTPD de l’Ainse, Janvier 2011

28 janvier 2011
Document : PDF
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